“ … Les entretiens de la lumière du jour avec les formes et les couleurs”. Tel pourrait êtrele titre des oeuvres proposées par Dérieux. “Entretiens” est un euphémisme. N’était la lumière, rien ne serait ébloui ni caché. Dérieux, qui (comme on dit) ne peut pas voir cela, s’emploie très sagement à le tourner en bien. Heureusement, en effet, si j’ose dire, et je dois le dire car la peinture de notre ami est affectée d’un signe indiscutablement positif ­ heureusement donc il y a les couleurs, qui manifestent une certaine résistance, oh très faiblement vctorieuse, mais d’autant plus touchante, des soi-disant créatures à la boulimie de la lumière blanche, du jour, du soleil, de Dieu, que sais-je? Enfin de la volonté de tuerie qui vient d’en haut.
Pour nous faire jouir de cette bataille, Dérieux devait évidemment conserver les figurations quasi mourantes qu’il nous propose. Nous voici chez Pétrone, sans doute, prenant (tout comme lui) le parti des murènes. Iris, en tout cas, est de la fête. Mais je me tais, n’ayant fait appel à cette mythologie, elle aussi à jamais mourante, que par un mimétisme qui doit cesser.


Extrait de la préface du catalogue de l’exposition Roger Dérieux à la Galerie Jacob, Paris, 1967,
et in “L’atelier contemporain”, Gallimard, 1977.