Les oeuvres que Roger Dérieux présente résultent d’une succession d’approches et de disciplines, toutes appuyées sur les ressources du langage, toutes dirigées vers la conquête de l’expression la mieux adaptée à ses dons et à ses besoins. Cette constance, cette ténacité, cette ascèse, caractérisent une vertu devenue bien rare, celle de la pureté, au sens où l’entendait Kierkegaard, lorsqu’il écrivait : “Etre pur, c’est vouloir une seule chose.” Quelle est donc cette chose dont Dérieux a fait l’objet de sa légitime ambition, Il s’agit, pour lui, au moyen des seules valeurs picturales, d’accorder au rythme du monde extérieur les pulsations du sang et les aspirations de l’esprit. La cadence de son lyrisme est celle des eaux, de la terre, du vent, de la lumière et de la nuit. Une identification aussi poétique ne lui a pas été donnée . Il a fallu qu’il la cherche et qu’il la mérite...


Extrait de la préface du catalogue de l’exposition de R. D. à la galerie Cinq-Mars à Paris, en 1965.