Nulle exubérance ni contraste agressif dans ces compositions où le lyriqme s’inscrit avec une distinction presque asiatique. Les papiers qu’il utilise, parfois fragments de lettres, de journal, de livre, froissés, étirés, crevassés, cloqués, sont peints, selon les harmonies choisies par l’artiste, coupés, déchirés, ajustés en assemblages subtilement équilibrés. Les couleurs sont fines, recherchées, nuancées, des bleus gris, des turquoises transparents, des mauves légers, des verts de mousse tendre ou de vaguelettes sur lesquels, parfois, selon les rythmes, les vibrations, claquent un petit rouge, un blanc nacré, un ocre ou un jaune. Les compositions de Roger Dérieux, malgré le mouvement qui les anime, sont de ces oeuvres qui apaisent tant elles contiennent d’intelligence heureuse et d’émotion discrète.

 

Josette Méléze

Pariscope , Paris, 15 février 1989 Sur l’exposition R.D. à la galerie Darial, Paris.